Retromania

À partir des années 1870, des négatifs améliorés, bientôt vendus prêts à l’emploi, et les perfectionnements de l’optique rendent la photo bien moins gourmande en lumière. Une fraction de seconde d’exposition suffit à capter l’image. Exit le trépied, finis les « Ne bougeons plus ». En figeant le mouvement, l’instantané invente des sujets inédits.
La réduction de format des négatifs entraîne celle des appareils. Ils deviennent plus maniables.
« Appuyez sur le bouton, nous faisons le reste » peut annoncer Kodak. Un modèle industriel et commercial s’affirme, même si la pratique de la photographie n’est réellement populaire qu’après la seconde guerre mondiale. Voici les petits boitiers et autres curiosités qui ont marqué l’histoire de la photo.



 
 
 

Brownie Junior six-20

 
Cet appareil cubique doté d’une plaque métallique sérigraphiée Art-Déco
a été produit entre 1934 et 1942 à New-York et mange des pellicules 620 (film 120 actuellement, 6x9cm).
Pas de diaphragme mais une plaque percée de deux ouvertures située devant l’objectif, l‘ouverture désirée se sélectionne à l’aide d’une tirette située sur le dessus de l’appareil (comme le Brownie N°2).
L’autre tirette permettant de bloquer l’obturateur en position ouverte pour les longues expositions est cette fois située sur la droite, au dessus du déclencheur.
Le cadrage se fait à l’aide des deux viseurs à miroir.


 
 


 
 
 

Brownie Starflash Camera

 
La fin des années cinquante et le début de la décennie suivante furent l’occasion d’une prolifération de petits appareils photo Kodak, en plastique, fabriqués en France. Pour point commun, mis à part un certain air de famille, leurs noms commencent par Star (Starluxe, Starlet…). Ils seront fabriqués de 1957 à 1965 et utiliseront principalement des Film 127 (6x6cm)


 
 


 

Instamatic

 
Il fait partie des plus basiques des Instamatic 126 , puisqu’il ne possède qu’une seule vitesse (1/60). Son objectif est un 11/43 mm. En 1977, il prend la suite du 56-X. Il sera fabriqué jusqu’en 1984, en Allemagne et en Grande Bretagne.
La première version utilisait un film 35 mm conditionné dans des cassettes et appelé Format 126 (système mis au point spécialement pour l’Instamatic, 8x8cm). Une version « Pocket » sera introduite par Kodak en 1972, utilisant, elle, un film 16 mm, également en cassette.
Pour la photographie dans des conditions d’éclairage insuffisantes, les appareils Instamatic dont la désignation se terminait par « 04 » (comme le 104 ou le 804) pouvaient recevoir l’adjonction de Flashcubes. Il s’agissait d’un module cubique présentant une ampoule-flash sur chacun de ses flancs, après chaque image, le mécanisme d’avance du film entraînait une rotation à 90° du cube, permettant l’usage d’une nouvelle ampoule-flash. Une fois les quatre éclairs déclenchés, le cube était jeté et remplacé. Ils seront fabriqués de 1963 à 1984.


 
 
 


 

Voigtlander Bessa

 
Depuis le début des années 30, les Bessa sont toujours là ! Certes, ils ont bien changé de forme, passant du folding* au 24 x 36 télémétrique. Leur nom est si « porteur » que malgrè la disparition de l’entreprise sur le marché de l’appareil photo, le nom a été repris récemment par Cosina. Les Bessa ont même eu des petits frères, les Bessy et des grands frères gonflés aux amphétamines, les Bessamatic.

Mais revenons au tout début de cette saga, avec un des modèles initiaux. Il s’agit d’un 6 x 9 cm adapté au marché français puisque l’échelle des distances, graduée en mètre est doublée par trois inscriptions rouges « Paysage, Groupe et Portrait ». L’obturateur a trois vitesses (1/25, 1/50 et 1/100 seconde) plus la pose B et la pose T. Il a également un retardateur. L’objectif est un anastigmat** Voigtar 1:7,7. Cela aurait pu être aussi un Skopar ou un Vaskar.
Il a un viseur à cadres et un viseur à réflecteur.
*Folding: Ancien type d’appareil à soufflet dont l’objectif est monté sur un battant qui se replie lorsque l’appareil n’est pas utilisé.
*Anastigmat: Type d’objectif conçu par Zeiss en 1890. Premier objectif à corriger le défaut optique appelé astigmatisme.


 
 
 



 
 

Canon AE-1

 
L’histoire de la photographie est rythmée par l’apparition d’appareils révolutionnaires et bouleversent complètement le marché en réunissant en un seul boitier le meilleur de la technologie sous une forme séduisante et dont la facilité d’emploi conquiert le public. Dès 1974, Canon avait chargé ses ingénieurs de concevoir un reflex mono-objectif entièrement automatique. Deux années durant, les ingénieurs de Canon s’appuyant sur une masse considérable de technologie et de savoir-faire, inventèrent un appareil nouveau, qui allait faire de Canon le leader mondial du marché amateur des reflex mono-objectifs : le AE-1, lancé en avril 1976 et suivi en 1978 du A-1, automatique multimode. Canon peut ensuite confirmer sa position dominante avec le lancement du Canon EOS 650 et des premiers objectifs autofocus Canon EF en 1987.